Discussion on Violence in Schools

La violence, elle n'est pas légitime.

Quand on voit des professeurs se faire frapper, se faire balancer de

l'essence dessus, une surveillante se faire tabasser dans un

lycée

à Annecy, une dame qui se prend un lance-flamme dans

le visage parce qu'elle

ne voulait pas que son abri-bus soit cassé.

Ça, ce n'est pas légitime. Vous n'avez rien de légitime dans ce

mouvement

et je suis désolée de vous le dire, les revendications des lycéens qui

pouvaient

être au lycée de Paul Eluard, moi, je les comprends.

C'est inadmissible d'étudier dans des conditions pareilles.

Vous, par contre, vous prenez leur place.

Parce que maintenant, ce n'est plus eux qu'on entend,

mais c'est à vous qu'on donne

la parole. Et je suis presque déçue de ne pas avoir

un jeune de banlieue comme vous

dites ou de ne pas avoir un jeune directement du lycée Paul Eluard.

Je suis contente d'avoir un professeur parce que je pense qu'on va en apprendre

beaucoup plus qu'avec vous, parce que vous venez d'un très très beau

lycée.

Et l'une de vos revendications d'ailleurs, parce que je vous ai beaucoup écouté,

très belle éloquence. Je vous félicite pour ça.

Vous êtes jeune en plus, mais surtout, vous nous parlez dans vos

revendications qu'il fait trop chaud dans les salles.

Vous êtes de gauche, vous ne vous en cachez pas.

Fervent partisan de la France insoumise, vous ne l'assumez pas totalement, mais

c'est un fait, ce n'est pas grave.

Non, ce n'est pas un fait.

Je vous ai laissé parler, donc merci.

Vous avez raison.

Oui, oui.

Mais je précise seulement.

Mais il n'y a pas de souci. Qui sont contre la climatisation.

Donc à un moment donné, vos revendications,

elles n'ont aucun sens et vous avez

volé la parole de ceux qui sont vraiment dans le besoin.

Est-ce que vous comprenez l'idée qu'on puisse dire quand on ne se sent pas

écouté, on peut avoir recours à la violence ?

Non, pas du tout. Par contre, ce qu'il faut changer,

c'est que dans les lycées, on

a des instances qui sont représentatives, mais qui sont très mal faites, vraiment

très mal faites, même dans les universités. Ça,

il faut les changer.

Parce que ce n'est pas normal que des lycéens qui étudient dans de mauvaises

conditions n'aient pas été entendus par le ministre.

Mais il n'y a pas que vous qui n'êtes pas entendus.

Nous, dans les universités aussi, combien de fois,

on a demandé un rendez-vous avec

le ministre de l'Enseignement supérieur qu'on n'a pas eu.

Est-ce que c'est pour autant, et je vous pose la question sincèrement,

est-ce que

vous nous avez vu tout saccager ? Est-ce que vous nous avez vu brûler toutes

nos

universités ? Est-ce que vous nous avez vu frapper nos

professeurs ?

Est-ce que vous nous avez vu crier en manifestation ACAB ?

Parce que vous l'avez fait. Il y a des vidéos où on vous voit crier

ACAB.

Et quand vous dites à la personne juste derrière moi...

ACAB, il faut expliquer, ça signifie grosso modo...

Explique, allez-y.

Que tous les policiers sont des bâtards.

Sauf que derrière un flic, comme vous les appelez,

il y a un père de famille, il y a des frères,

il y a ceux qui sont censés vous

protéger. Peut-être qu'il y a des dérives. Ça, c'est un fait.

Mais ne vous faites pas passer pour celui qui est tout gentil, parce qu'en

manifestation, on vous a dit, on vous a vu, pardon,

et entendu scander ce

genre de propos.

Voilà. Alors ça, c'est le dialogue de la génération,

deux sensibilités.

Votre réponse.

Je ne sais pas à quel moment est-ce que tu as considéré que je m'adressais à la

seule personne racisée sur le plateau.

Je dis seulement qu'en effet, Madame a eu une réaction vis-à-vis de ce

que j'ai à

dire. Du coup, je me suis adressé directement à elle.

Maintenant, la réponse que j'ai à donner.

Premièrement, il y a un certain nombre de choses qui ont

été dites ici.

J'aimerais répondre de la manière suivante.

C'est-à-dire qu'aujourd'hui, nous faisons face

tous ensemble. C'est un mouvement de solidarité.

Mais tu as le droit de ne pas être solidaire et d'être égoïste comme tu

sembles

l'être ici maintenant. Je te dis seulement que

nous considérons que parce que nous sommes privilégiés, nous avons la

possibilité de dire que ces gens-là ont besoin d'aide.

Je ne m'adresse pas à une personne parce qu'elle est racisée.

Je m'adresse à une personne parce qu'elle réagit à mon propos et que je veux

directement comprendre la manière dont elle voit les choses.

Comment dire ? Quand on crie tous ACAB, par exemple, c'est vrai

qu'il y a une généralisation. Moi, encore une fois,

je suis pour dire que tous les

policiers ne sont pas des bâtards. Parce que c'est la, c'est...

Pourtant, vous l'avez dit. Vous étiez le seul à le crier dans votre

microphone sur

la vidéo.

Oui, j'ai dit, c'est vrai que j'ai dit ACAB.

C'est vrai que j'ai fait une généralisation.

Mais c'est vrai que quand les médias ont comme principale

manière de faire les choses, lorsqu'il s'agit d'information, lorsqu'il

s'agit de montrer des gamins qui se font tabasser par la police, ils ne sont

pas là. En tout cas, ils ne le sont pas assez, je le considère.

Et il y a d'ailleurs un fromage qui a été sorti en nous expliquant qu'en effet,

8% du programme médiatique était fait pour les revendications étudiantes.

Quant au reste, ça n'avait absolument rien à voir.

Nous, nous voulons que vous compreniez que nous

ne sommes pas là pour la violence.

Nous sommes là pour des revendications.

Les policiers, ce sont des adversaires, je le dis.

Je n'ai pas peur de le dire.

Des adversaires ?

Pour moi, ce sont des adversaires dans ce genre de

conditions, en effet.

Et on reviendra d'ailleurs sur les chiffres de l'IGPN qui sont déplorables.

Mais maintenant, il faut aussi rappeler que ces gens-là qui

se font nasser en

manifestation, ces gamins-là qui n'ont absolument rien à

voir avec la violence et

qui sont pris à partie par des collègues policiers de monsieur derrière.

Je considère que c'est une violence et que par conséquent, ces gens-là ne sont pas

là pour nous protéger. Quand il y a une manifestation et qu'elle

se passe

pacifiquement, nous, à Jacques Decour, on a fait un blocus jeudi.

Ça s'est passé extrêmement bien. Zéro média sur place. Zéro.

Par contre, quand ça a commencé à gazer, quand il y a eu cette véritable image,

incroyable cette image, où on a nos profs qui ont fait une ligne

humaine pour nous

pro... Oui, vous pouvez lever les yeux en l'air,

mais vous, jamais, vous ne serez

en face parce que vous avez peur. Mais je vais vous dire une autre chose,

c'est-à-dire que ces profs-là qui sont allés devant, ils se sont fait gazer.

Ce sont ces mêmes profs-là que vous défendez au quotidien et que, à qui vous

demandez finalement de l'ordre. Mais si ces gens-là se font gazer,

qui va nous

protéger, nous ? Qui sont ici pour notre éducation,

finalement ?

Parce que c'est leur rôle. On leur doit le respect.

Et là où je pense être d'accord avec toi, c'est que ces gens-là sont là pour notre

apprentissage et qu'ils sont là et qu'il faut les respecter.

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