Discussion on Social Issues and Protests
Vous pensez que les pilleurs, ils regardent les dividendes et puis ils
vont casser
les vitrines ?
Mais les pilleurs, ils ont rien. En fait, là, vous parlez, vous, vous parlez.
En fait, vous vous rendez pas compte de la chance
que vous avez.
Vous avez des choses à perdre. Les gens qui sont dans ces manifestations,
nous,
nous n'avons rien à perdre. Je vais vous parler d'un cas très
personnel.
Non, mais je, je donne juste mon cas personnel.
Ma mère, elle est professeure d'anglais.
Voilà, donc elle, elle forme l'avenir de ce pays. OK ?
Ma mère, elle part tous les matins avec un paquet
de gâteaux dans son sac parce
qu'elle ne peut pas payer la cantine le midi.
Voilà la réalité des Français aujourd'hui.
Donc en fait, vos boutiques, c'est bien mignon, super, OK,
les Foot Locker qui ont
été pillés, mais en fait, il y a une réalité,
une vraie souffrance des Français.
Et moi, j'aimerais qu'on parle de cette souffrance
ce soir.
Vous l'avez fait. J'ai mis ma voix.
Ah oui, mais je suis la seule à le faire.
Lola, je suis arrivée en France, j'avais neuf ans. OK ?
J'ai quitté la République démocratique du Congo.
J'ai été, euh, j'ai dû m'adapter, moi.
Quand je suis arrivée ici, j'avais le choix, d'accord,
de subir une situation ou de
me relever. Aujourd'hui, en tant que chef d'entreprise,
j'emploie régulièrement
cent trente personnes. Vous êtes en train de me parler de la
misère.
Vous êtes en train de me dire : je pleure parce que ma vitrine est cassée.
Mais c'est ma vie, Lola. C'est ma vie. J'ai des enfants.
Mais quelle chance, non, mais quelle chance j'ai,
quelle chance on a d'avoir eu,
enfin, d'avoir eu nos entreprises cassées,
de, de, de devoir, enfin, de, de devoir ramasser-
Attendez, laissez-la parler, laissez-la parler.
Moi, je voulais reprendre-
Laissez-la parler, laissez-la parler.
Non, mais on, on, on doit aujourd'hui récupérer nos
salariés.
Moi, j'ai des salariés qui, qui, qui sont terrorisés.
Qu'est-ce que-- Quelle réponse ? Quelle réponse je peux leur apporter ?
On leur dit quoi ? Ah oui, non, mais c'est, non, mais c'est pas grave.
L'entrepr-, enfin, l'entreprise-
Attendez, Jemima, vous êtes arrivée, vous êtes arrivée, attendez, attendez.
Vous êtes arrivée à neuf ans en France, c'est ça ?
Oui, je suis arrivée-
Racontez-nous un peu votre parcours en quelques mots.
Je suis arrivée à neuf ans en France.
J'ai vécu pendant trois ans dans dix mètres carrés avec mon père. OK ?
J'ai grandi, j'ai étudié à Sarcelles. Les banlieues, je les connais.
La souffrance, je la connais. Mais qu'est-ce qui lég-,
mais qu'est-ce qui légitime
aujourd'hui qu'on crée la terreur dans la vie des gens ?
Qu'est-ce qui justifie qu'on saccage ?
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