Discussion on France's Role in Europe
Quant à ce qu'a fait François Mitterrand, euh, en, en
1983,
bah, je reconnais ce qu'il a fait, c'est-à-dire permettre à la France,
déjà avec une inflation qui était extravagante, plus de 14
%, des dévaluations successives de tous les
gouvernements, y compris
le sien, de permettre à la France de rentrer dans
l'Union européenne,
de rentrer dans le système monétaire européen, de faire l'euro.
Mais enfin, s'il n'y avait pas l'euro aujourd'hui,
s'il n'y avait pas la zone euro,
on parlait des taux d'intérêt, on parlait de la dette.
Mais où en serait la France ? Elle serait obligée de dévaluer sa monnaie
compte
tenu de l'inflation, compte tenu de la dégradation du solde
commercial, compte tenu
des taux d'intérêt. Donc c'est grâce à l'euro, grâce à cet
engagement-là, et il n'a pas été facile, y compris devant ses électeurs.
Il a fallu s'y reprendre à plusieurs fois. Il y a même eu des traités.
Le traité de Maastricht passait très difficilement.
Et donc il a, il a fallu qu'il y ait cet engagement
européen qui a été d'ailleurs
poursuivi, reconnaissons-le, par tous les autres présidents,
y compris par ceux qui
étaient les plus réticents hier, Jacques Chirac en particulier,
qui ont fait
que aujourd'hui, et j'y ai participé, nous avons, euh, la protection
de l'euro. Et d'ailleurs, là aussi, dans l'élection présidentielle,
c'est très,
très intéressant. Il y a ceux qui vous disent qu'ils ne
respecteront pas les
traités. D'un côté, LFI qui vous dit : Nous, on va, euh, on va
brûler la dette. Très bien, euh, ça vous fera pas beaucoup chauffer
l'hiver, mais--
Et d'autres, et d'autres, madame Le Pen qui dit : Nous,
on versera même pas notre
contribution à, à l'Union européenne.
Tous ceux-là, finalement, sans le dire, sans l'avouer, veulent
sortir de l'Union européenne. Ils ne le disent pas parce qu'aujourd'hui,
même les
plus anti-Européens sont quand même contents qu'il y ait l'euro,
qu'il y ait le
grand marché, qu'il y ait une possibilité d'une
politique industrielle, que pour
l'écologie, ça sera quand même mieux de s'y mettre à,
à plusieurs, que nous devons
absolument retrouver l'accord avec l'Allemagne.
Parce que une des désolations que l'on a aujourd'hui avec l'impuissance de
l'Europe, c'est que la France et l'Allemagne ne se
parlent plus, ne se comprennent
plus. Or, il n'y a pas d'Europe qui puisse avancer
s'il n'y a pas cet
accord fondamental entre la France et l'Allemagne, quels que soient les
dirigeants. C'était pas si simple pour François
Mitterrand d'être avec Helmut
Schmidt. C'était pas forcément facile pour Nicolas
Sarkozy avec madame Merkel.
C'est jamais facile avec madame Merkel.
Mais en même temps, s'il n'y avait pas eu madame Merkel,
si on n'avait pas réussi
ensemble à sauver la Grèce et aussi à trouver une solution pour la zone euro,
où serait-on aujourd'hui ? Donc, voilà les, les, l'enjeu.
Et je-- C'est pour ça que je, je, je trouve que votre comparaison avec
François
Mitterrand est utile. Ben, l'enjeu, c'est aussi de continuer la
marche en avant de l'Europe et d'aller même encore plus loin, y compris sur la
défense. Parce que ça va être une grande question,
comment on va
aujourd'hui se protéger entre les agressions russes, entre un président
américain qui préfère la Corée du Nord à la Corée du Sud, qui met le Canada comme
l'Europe sous pression commerciale, qui fait une guerre en Iran sans savoir
comment
la terminer. Ben oui, il faut que l'Europe existe.
Et bien là aussi, le vote de 2027, c'est un vote pour l'Europe.
Ce qui, euh, sortira de cette élection-là, quel que soit le candidat, s'il est de
l'arc républicain, ça sera pour continuer l'action européenne
et pour nous protéger.
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