Living Conditions in Pertus
Je vous parle en ce moment
de la rue principale du Pertus.
Et si je vous parle mal, messieurs les docteurs,
c'est que j'ai beaucoup de peine
à contenir mon émotion. Le Pertus n'est qu'une vaste cour des
miracles où toute une humanité est soumise à une souffrance
indescriptible à l'heure actuelle.
8 février.
Tout le monde se lève et commence à errer.
Le cri de : « Allez, allez ! » retentit de nouveau pour faire entrer
les gens dans
l'enclos. Nous dormons à la belle étoile.
La rosée a gelé à l'aube.
À partir de deux heures, je marche, ne pouvant supporter le froid.
11 février.
Il arrive sans cesse de plus en plus de gens, des camions, des voitures, des
chevaux, des charrettes de paysans transportant des
familles entières.
Ceux qui ont pu apporter à manger le font.
Ceux qui, comme nous, ne se sont pas méfiés,
mangent du pain sec.
24 février. Il a beaucoup plu cette nuit.
Avec un temps pareil et à vivre de cette façon, nous ne tiendrons pas longtemps.
Tous les jours, il y a des morts.
Les gens trempés ne savent pas où s'abriter de la pluie.
Ceux qui vivent sous de la tôle ondulée sont mieux lotis.
Mais nous, qui n'avons que des canisses et rien
d'autre.
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