Mustafa Kemal Atatürk et la naissance de la République turque
Tous les dix novembre à neuf heures
cinq du matin, un pays s'arrête.
À cette heure précise en mille neuf cent trente-huit mourait le bâtisseur de la
Turquie moderne, un homme
né Mustapha sous l'empire ottoman
et mort Atatürk, premier président de la République de
Turquie.
Le grand mystère de l'histoire contemporaine
turque, c'est la République.
Personne dans l'empire ottoman
avant mille neuf cent quatorze ne pensait que l'empire
pourrait devenir
une république.
Le seul homme, semble-t-il, dans tout l'empire ottoman qui
réellement
veut une république ou pense à une
république, c'est Mustapha
Kemal Pachac.
Le projet de Mustapha Kemal, c'est un projet
de reconstitution, de régénération
de ce qu'il a connu comme la dernière
forme d'État, c'est-à-dire l'Empire ottoman,
mais selon les règles et l'air du temps,
c'est-à-dire un État-nation
moderne.
Con la caduta dell'Impero Ottomano,
nasce una
repubblica di fatto, non di diritto,
dittatoriale.
Les changements de la période kémaliste ne sont absolument pas
démocratiques. Ils ne sont pas démocratiques, d'ailleurs,
ils ne prétendent pas
l'être. La démocratie
ne fait pas partie du jargon
utilisé à cette époque-là.
Il y a une historienne turque qui a
publié un livre il n'y a pas très longtemps qui
s'appelle Le bon dictateur. Le bon dictateur, c'est
la façon dont Mustafa Kemal était vu par l'Europe et par
l'Amérique. Si vous voulez, on avait conscience que c'était un régime
assez autoritaire, mais en même temps qui allait dans le bon
sens.
Donc, on lui pardonnait pas mal de choses.
Si le régime kémaliste n'est pas
démocratique, ça ne veut pas dire non plus qu'il n'a
pas effectué des changements
qui eux-mêmes sont à
long terme porteurs de changements
démocratiques.
Décédé prématurément à cinquante-sept ans, Mustafa Kemal a
néanmoins construit son mythe, celui du sauveur de la nation,
du bâtisseur d'une
société moderne tournée vers l'Occident.
Mais Atatürk laisse aussi derrière lui le spectre d'une dictature,
un legs qui, un siècle plus tard, pèse toujours sur la
République turque.
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