Haïti : les galettes de terre, symboles de la faim à Cité Soleil
Nov 3, 2026 4:54 Filmed in Haiti
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On dirait beaucoup des crêpes ou des biscuits.
La recette se transmet de génération en génération ici, en Haïti.
Les femmes passent des journées entières à les préparer,
les grand- mères, les filles et les plus jeunes
filles. Les nourrissons tètent pendant que leurs mères préparent la pâte.
Les enfants semblent les apprécier,
du moins quand notre caméra était là.
Mais ces galettes, que les Haïtiens qui les mangent appellent
bonbon teres,
rappellent cruellement à quel point
cette nation des Caraïbes est pauvre.
Elles ne sont pas sucrées,
elles sont difficiles à avaler et n'apportent presque
aucune valeur nutritive, car ces biscuits sont en fait
faits de terre.
Ça remplit l'estomac. Quand nous n'avons rien mangé,
ce biscuit de terre nous remplit
l'estomac.
Échangées, vendues et même mises
de côté par les femmes d'ici, dans la
partie la plus pauvre
du pays le plus pauvre de l'hémisphère occidental, Cité
Soleil, à Port-au-Prince, en Haïti.
De petites quantités de graisse végétale, de
sel et parfois de sucre sont aussi mélangées à la terre et à l’eau.
Fabriqués dans des endroits comme celui- ci,
un ancien fort où la torture était autrefois
courante sous les dictateurs corrompus d’ici.
Fort Dimanche est désormais un centre commercial
qui s’est développé autour des galettes de terre,
d’un terrain de basket,
d’un terrain de football et d’une école pour des centaines d’enfants,
et c’est aussi le foyer de nombreuses personnes.
Pour rejoindre le terrain de basket, qui sert de zone de préparation des
galettes de terre, il faut traverser cet égout à ciel ouvert,
jonché de morceaux d’animaux,
de déchets et d’autres choses répugnantes, pour rejoindre l’endroit où les galettes
sont étalées pour sécher au soleil. Voyez, elles sont encore
très humides, pas encore tout à fait prêtes à être servies, mais c’est
littéralement de la terre préparée pour être mangée par des humains.
par-dessus d'autres saletés et immondices.
La vie de Celine Denis tourne autour des biscuits.
Pendant des jours, nous avons regardé la grand-mère mélanger
la pâte à biscuits de terre.
La vente des biscuits est la seule source de revenus de Denis
et souvent son
seul repas.
C'est un mal nécessaire. Je suis dans une mauvaise passe,
et c'est pour ça que j'en fais
Ça me fait mal au cœur, mais je n'ai pas le choix.
Nous sommes obligés d'en manger.
Ça nous rend malades, mais pas comme ça le ferait à
quelqu'un qui n'a pas l'habitude d'en manger.
Notre organisme y est plus ou moins habitué.
La terre est acheminée par camion jusqu'à ce
vaste bidonville et vendue à un prix exorbitant
aux femmes, qui paient environ cinq dollars le sac.
Elles disent qu'elle vient d'une région montagneuse et sont convaincues que
la terre est riche en minéraux et en vitamines.
Et si elles n'ont pas d'argent, elles sont heureuses,
et même impatientes, d'acheter le
À crédit, de la terre. S’il pleut ou si le soleil est caché,
les biscuits ne peuvent pas sécher, et les femmes finissent même par
devoir de l’argent pour la terre qu’elles ont achetée.
Pas une goutte de pâte n’est gaspillée.
Et, dans tout Haïti, on trouve ces biscuits
sur les marchés urbains et dans les petits villages de montagne.
Nous avons rarement vu des adultes manger ces biscuits,
car beaucoup semblaient en avoir honte.
Les enfants, en revanche,
nous ont demandé à plusieurs reprises pourquoi nous nous y intéressions tant
avant d’en manger sans hésiter. Le coordinateur humanitaire de l’ONU
en Haïti affirme que le besoin de biscuits de terre est une
condamnation de l’échec et du gaspillage du gouvernement.
Ces biscuits à cinq cents, une nécessité en Haïti,
les aliments importés sont trop
chers pour les familles qui vivent avec environ un dollar par jour.
Aujourd’hui, environ 3,3 millions
d’Haïtiens sont en situation d’insécurité
alimentaire.
Environ vingt-cinq pour cent des enfants souffrent de malnutrition chronique.
Ce sont les mêmes indicateurs qu'en Afrique subsaharienne.
Les femmes enceintes mangent depuis longtemps
ces biscuits pour leur prétendue source de
calcium et leurs bienfaits antiacides. Mais les médecins
contestent cela et mettent en garde contre les caries, la constipation,
et pire encore. L'ambassadeur des États-Unis en Haïti s'est
personnellement intéressé à réduire la consommation de ces biscuits.
J'ai en fait emmené des membres du Congrès à Cité Soleil, et ils ont vu ça,
eux aussi.
Que disent-ils quand ils voient des gens manger de la terre ?
Eh bien, c'est, c'est inquiétant. C'est très inquiétant, et nous
n'aimons pas voir ça.
Depuis l'arrivée de l'ONU en Haïti en
2006 comme force de maintien de la paix,
la nutrition s'est améliorée dans certains secteurs,
mais les biscuits de terre
continuent d'être consommés. La faim généralisée signifie que des centaines de
Des enfants entament une nouvelle journée d’école à Cité Soleil,
tandis que le drapeau haïtien est hissé.
Ils en seront réduits à manger de la terre.
Et ce, malgré les efforts internationaux.
Il y a de l’espoir, au fait. Il y a de l’espoir.
Car malgré ce sombre tableau,
il est possible de sortir Haïti de la pauvreté.
Mais même les observateurs les plus optimistes
conviennent que l’avenir est sombre pour ces enfants
sans deux éléments qui ont longtemps fait défaut en Haïti : de l’argent
et un gouvernement stable.
Reportage à Cité Soleil, en Haïti. Ici Ben Schmidt, pour World Focus.
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They look a lot like pancakes or cookies. The recipe passed down from generations here in Haiti. Women spend entire days making them, grandmothers, daughters, and younger girls. Infants are nursed while mothers work the mix.
Kids seem to enjoy them, at least when our camera was around. But these patties, known as bonbon teres by the Haitians who eat them, are a grim reminder of just
how poor this Caribbean nation is. They aren't sweet, they're hard to swallow, and add almost nothing in terms of nutrition, because the cookies are actually made of dirt.
It fills your stomach. When we haven't eaten anything, this dirt cookie fills your stomach. Traded, sold, and even hoarded by women here in the
poorest section of the poorest country in the Western Hemisphere, Cité Soleil in Port-au-Prince, Haiti. Small amounts of vegetable shortening, salt, and occasionally sugar are mixed in with the dirt and water as well.
Made in places like this, an old fort where torture was once common by corrupt dictators here. Fort Dimanche is now a center of commerce built around the dirt cookies,
a basketball court, soccer field, and school for hundreds of kids, and home to many. To get to the basketball court, which acts as a preparation area for the dirt cookies, you have to cross this open sewer,
which is littered with animal parts and trash and other nasty things, to get to an area where the cookies are laid out to dry out in the sun. You can see that these are still very wet, not quite ready to be served, but this is literally dirt being prepared for humans to eat
on top of other dirt and filth. Celine Denis' life revolves around the cookies. For days, we watched as the grandmother sat mixing the dirt cookie batter. Selling the cookies is Denis' sole source of income
and often her only food. It's a necessary evil. I'm in a bad situation, and that's why I make them. It hurts my heart, but I have no choice.
We're forced to eat it. It makes us sick, but not the way it would to anybody who's not used to eating it. Our system is kind of used to it. The dirt is trucked into this
huge slum and sold at an enormous markup to the women, who pay about five dollars a sack. They say it comes from an area in the mountains and are convinced the dirt is rich in minerals and vitamins. And if they don't have the money, they're
happy, indeed eager, to buy the dirt on credit. If it rains or the sun is blocked, the cookies can't dry out, and women actually end up owing money on the dirt they've purchased. Not a drop of batter is wasted. And
throughout Haiti, the cookies are seen in urban markets and small mountain villages. We rarely saw adults eating the cookies, as many seemed ashamed. Kids, however,
asked repeatedly why we were so interested before freely eating them. The UN's humanitarian coordinator in Haiti says the need for dirt cookies is an indictment of government failure and waste. The five cent cookies, a necessity in
Haiti, imported food too expensive for families living on about a dollar a day. Some three point three million Haitians are food insecure today.
Around twenty-five percent of the children are chronically malnourished. These are the same indicators as in, as in Sub-Saharan Africa. Pregnant women have long eaten the cookies for their supposed source of calcium and antacid benefits. But doctors
dispute this and warn of tooth decay, constipation, and worse. The United States Ambassador to Haiti has taken a personal interest in lessening dependence on the cookies. I've actually taken members of Congress down to Cité Soleil, and they've seen it, too.
What do they say when they see people eating dirt? Well, it's, it's worrisome. It's very worrisome, and we don't like to see it. Since the UN arrived in Haiti in 2006 as peacekeepers,
nutrition has improved in pockets, but the dirt cookies are still being eaten. The widespread hunger means hundreds of kids starting another school day in Cité Soleil, as the Haitian
flag is raised, will be reduced to eating dirt. This despite international efforts. There is hope, by the way. There is hope. Because despite this bleak picture, it is doable to lift Haiti out of poverty.
But even the most optimistic observers agree the future is bleak for these kids without two elements long missing in Haiti, money and a stable government. Reporting in Cité Soleil, Haiti, this is Ben Schmidt for World Focus.
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