Souhaitent que ces parcours ne traversent pas les centres-villes pour essayer
d'épargner les, les commerçants.
Alors, on va regarder une carte, la carte à Paris, puisque les Gilets
jaunes voulaient pouvoir
traverser la, la capitale, défiler de la place de la Bastille
à la place de la Concorde. Et à la place de la Concorde,
on est près de l'Assemblée
nationale, on n'est pas loin de l'Élysée et des
ministères. Ça, c'est refusé.
Euh, le, la CGT, euh, et, euh, les étu-étudiants
voulaient défiler de Nation à Bastille.
A priori, les autorités n'en veulent pas.
Ils proposent un défilé sur les boulevards Maréchaux, donc
le boulevard qui contourne la capitale entre la porte de Charenton et la porte de
Bagnolet. D'ailleurs, les boulevards Maréchaux,
c'est là où on a défilé samedi
dernier à Paris. Alors, ça ne plaît pas à tout le monde.
Chi-Shirine Ardakani est avec nous, l'avocate de l'Intérfac Île-de-France,
la CGT, de l'UNEF. Parce que vous dites : « On doit pouvoir
manifester où on veut. » C'est ça ?
Je vous remercie de me donner la parole, cher Olivier Truchot, et plus largement.
Moi, ce que j'aimerais dire, en fait, aujourd'hui, en tant qu'avocate de l'UNEF,
c'est qu'il est incompréhensible.
Je dis bien qu'il est incompréhensible qu'à moins de quarante-huit heures d'une
manifestation de cette ampleur qui était prévue, qui était prévisible, nous ne
sachions toujours pas, en tant qu'organisateur,
où nous pouvons manifester.
C'est ça aujourd'hui.
C'est entre porte de Charenton et porte de Bagnolet.
Je, je, je, je vais terminer mon propos.
Ce n'est pas à l'autorité gouvernementale, ce n'est pas à l'exécutif, ce n'est
pas à, euh, Laurent, euh, euh, Nuñez d'expliquer, euh, aux
manifestants où ils doivent manifester.
Je m'explique. Je m'explique. La liberté de manifestation est une
fondamentale. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on n'est pas encore dans
régime dans lequel il faille demander l'autorisation avant.
Je constate que ça fait quand même quelques jours qu'à chaque fois,
on doit aller manifester, on est suspendu à la conférence de presse
de l'Intérieur. Est-ce que vous savez, cher-
Il va commencer dans quelques minutes.
Est-ce que vous savez, cher Olivier Truchot,
vous connaissez mon histoire, vous
connaissez d'où je parle et d'où je me situe. Moi, je suis franco-iranienne.
Vous savez que ces pratiques-là, ces pratiques-là, Olivier Truchot-
Vous ne pouvez pas comparer le régime iranien avec ce qui se passe en France.
Je compare. Vous savez ce que je compare ?
Ce que je compare, c'est les déclarations aujourd'hui du
président de la République
qui a expliqué qu'il y avait des manifestations qui émanaient de
la part de syndicats officiels, que c'étaient les, les,
les seuls qui étaient
légitimes pour manifester. Qu'est-ce que ça veut dire ?
Ça veut dire qu'il y a ceux qui sont légitimes, ceux qui ne le sont pas.
Nous ne sommes pas d'accord.
Attendez, mais vous faites comme s'il n'y avait pas
eu... Non, non, attendez.
Je termine et je vous rends la parole.
Non, mais moi-- Non, c'est moi qui vais la prendre parce que
Ce que je dis est important.
Mais, Maître, non, mais Maître, attendez.
Vous faites comme s'il n'y a pas eu le dix-sept octobre, comme s'il n'y a pas eu
trois mille commerces pillés à Paris. Vous faites comme s'il ne s'était rien
Cher Olivier Truchot.
Vous ne pouvez pas évaluer cela.
Cher Olivier Truchot. À ma connaissance, il n'existe pas encore dans le droit
français, mais à l'allure où ça va, ça va peut-être arriver.
Il n'existe pas de motif légal d'interdiction qui permet
au préfet, à moins en plus de vingt-quatre heures
avant, en dernière minute,
d'expliquer à des manifestants qu'ils ne peuvent pas aller dans la rue parce
qu'il y a des casseurs.
Ce n'est pas un motif. Ce n'est pas un motif.
Qu'est-ce que ça peut vous faire ? Non, mais attendez. Je vous pose la question.
Je veux dire, parce que j'entends Halloween.
Après, j'entends-- Je veux dire, à un moment donné,
il faut arrêter le délire.
Il faut pouvoir faire un dialogue et répondre à des questions, sinon on, on,
comprend pas. Qu'est-ce que ça peut vous faire de
manifester entre porte de
Charenton et porte de Bagnolet ? Quelle est la différence entre Bastille et
? Sincèrement, ça changera rien pour les manifestants qui
pourront manifester,
défiler tranquillement.
Déjà, d'une part, la question, c'est pas qu'est-ce que ça nous change.
La question, c'est encore une fois, en France, on est dans un régime de
D'accord, mais dites-moi quelle est la différence.
Non, mais ce n'est pas une question quelle est
C'est qu'en fait, il y a un droit aujourd'hui qui dit qu'à
partir du moment où vous
déclarez une manifestation, sauf si elle est interdite-
Il y a le droit aussi de pouvoir commercer.
Il y a le droit aussi d'être en sécurité.
Il n'y a pas de commerçants entre la porte de Charenton et, et, et la porte...
Il y en a beaucoup moins, vous le savez bien.
Il y en a beaucoup moins. Ces commerçants, ils ont pas le droit de savoir à quelle
sauce ils vont être mangés moins de vingt-quatre heures avant.
En plus, ils se font hacker aussi.
D'accord. Qu'est-ce qu'on explique ?
On explique que les commerçants-
Vous voyez bien qu'il y a un risque, alors, vous venez de le rappeler.
Non, non, non, attendez. Ça veut dire quoi ?
Les commerçants des périphéries, ils ont pas le droit, eux, de vivre.
C'est parce qu'ils sont pas dans les quartiers cossus de la capitale ?
En réalité, qu'est-ce que ça nous dit ?
En réalité, aujourd'hui, ce que nous dit l'exécutif,
c'est qu'il faut protéger les
centres-villes. Pourquoi il nous dit ça, l'exécutif ?
C'est parce que c'est conformément aux paroles présidentielles.
On a eu le vingt-deux octobre une déclaration du président de la République
dit : désormais, il sera interdit de manifester dans les
Et qu'est-ce qu'on voit quelques jours après ? Des arrêtés d'interdiction.
Est-ce qu'on est aujourd'hui dans un État dans lequel la parole présidentielle fait
le droit ? Moi, c'est la question que je pose.
Évidemment que ce n'est pas le cas.
En tout cas, on attend du chef de l'État qu'il protège
C'est ce qu'il, il cherche à faire avec toutes ses
D'accord, mais moi, j'applique le droit.
Les préfets, quand ils interdisent des manifestations,
ils doivent pouvoir le faire
en temps utile pour que les manifestants puissent exercer leur droit à un
recours effectif. C'est une liberté fondamentale et ils sont
euh, euh, du président de la République.
En tout cas, ce n'est pas ce que dit la Constitution.
Je termine juste sur un point. Demain, à onze heures, et c'est une information
exclusive que je vous donne, le tribunal administratif a donc
audiencé le référé Liberté qui a été fait par les étudiants.
J'invite donc l'ensemble de ceux qui le souhaitent de venir se
rendre à cette audience où il sera statué en droit par un
juge le fait de savoir si la pratique du préfet-
Donc on est bien dans une démocratie, vous voyez, on n'est pas dans un régime
Oui, parce que les avocats font en sorte que le
droit soit respecté, cher Olivier
Oui, mais vous pouvez protester et c'est la
Euh, on va essayer de comprendre pourquoi ce-